Thomas L'EXCELLENT
Étudiant à l'ÉNSAD, 4e année,
Design Graphique et Multimédia.
Né le 5 Novembre 1986.
Pour me contacter :
lemacheur at yahoo point fr
Étrangement, j'ai envie de commencer cette série sur la typographie en couleur en ne parlant justement pas de typographie, mais en essayant d'éclaircir, avec quelques exemples de travaux divers et variés, ce qui m'attire dans la couleur.
C'est dans cette optique de compréhension de l'utilisation de la couleur dans tous les domaines de la création, que je vais montrer dans mes prochains messages des œuvres d'artistes bien sûr, qu'ils soient peintres, sculpteurs, photographes, plasticiens,... mais également des réalisations dans les domaines de l'architecture, de la mode, du graphisme (évidemment),...
En effet, je crois qu'il y a énormément à découvrir, à apprendre, en s'intéressant à la création de tout temps, en recherchant dans l'avant-garde des travaux novateurs (typo)graphiquement et chromatiquement.
Voici notamment un exemple particulièrement réussi de création de caractère intégrant la couleur comme élément fondateur : le Beowolf conçu en 1989 par Letteror.
Pour vous faire patienter en attendant mes prochains messages et vous donner un avant-gout de ce qui vous attend, je vous invite fortement à aller voir le site de l'exposition Color Chart : Reinventing Color from 1950 to Today qui se déroule actuellement et jusqu'au 12 mai au Museum of Modern Art (à défaut de ne pouvoir s'y rendre en vrai). Vous pourrez à cette occasion voir un aperçu de l'exposition en ligne et ainsi vous plonger dans le fabuleux univers de la couleur.
Dan Flavin (1933-1996), Sans titre (à Don Judd, coloriste), 1987
Alors que la vision typographique se veut minimale, l'éloge absolue du noir et blanc, qu'en est-il de notre perception ? La couleur n'aurait-elle pas sa place dans la création d'alphabets ?
Encouragé par mon professeur Peter Keller a inventé un caractère nouveau, je me suis retrouvé à concevoir un alphabet polychromatique, sans me rendre compte de la gravité de mon acte.
Le Saubr était né.
Peu de temps après, un exercice de création d'alphabet matriciel, proposé par un autre de mes professeurs, André Baldinger, m'amenait à nouveau à jouer avec la couleur.
Et voilà le Sainpl.
Amoureux de la typographie, j'étais loin de me douter que ces petits travaux d'étudiant étaient susceptibles de faire grincer des dents...
On me demandait de convertir mes alphabets en noir et blanc, afin de vérifier qu'ils fonctionnaient... et pire, on essayait de les exclure du monde de la typographie...
Pourtant, en ce début de nouvelle année scolaire, la chance allait me sourire : il me fallait trouver un sujet pour mon mémoire. C'est en discutant avec mon professeur Jean-Michel Bertrand qu'il m'incita à me glisser dans la brèche que j'avais ouverte : Pourquoi le monde typographique refuse la couleur ?... mais surtout, la couleur est-elle réellement refusée ?.
Le sujet était lancé, il me fallait chercher. Et trouver.
Voici donc ce qui va guider mes prochains messages dans cette nouvelle rubrique (Couleur) :
Retour aux typographies égyptiennes, ou plus globalement aux mécanes (ou "slab serif" en anglais) pour un des premiers sujets de l'année : l'étude d'un style typographique.
Pour moi, ça sera Early American advertising, ou si vous préférez, les publicités américaines des années 1860-1910.
En voici une première approche : (j'apporterais plus de précisions ultérieurement sur ce style si particulier, encore fortement présent aujourd'hui)
Dans un contexte de révolution industrielle, les messages commerciaux se multiplient et envahissent l'espace de la rue. Affiches et prospectus sont les nouveaux acteurs et rivalisent en surenchère visuelle, favorisés par les facilités de production dues à l'emploi de caractères mobiles en bois.
L'utilisation des mécanes, caractérisées par leurs empattements carrés, correspond tout à fait à la mentalité et aux besoins de l'époque : passer des messages forts, marquants. C'est celon cette même volonté que se déclinent les caractères : gras, condensés, ombrés, éclairés, décorés,... tout est bon pour attirer le regard.
La couleur participe également à ce charmant fouilli, et anime la composition qui, organisée suivant l'axe central, occupe au maximum l'espace qui lui est alloué.
Cette étude permettait dans un deuxième temps un exercice plus formel : mettre en page un texte (commun à l'ensemble des étudiants) à la manière de...
Voici le résultat.
Le texte, tronqué pour ce travail, est d'Henri Cueco.
Pour s'approcher au maximum des affiches de l'époque, le travail a été sérigraphié en deux couches, avec le soutien précieux de Chloé.

Après les Belles Égyptiennes, voici quelques typographies sans empattement qui ont un jour attirée (et pour toujours gardée) mon attention.
Les réalisations qui suivent sont autant personnelles que scolaires (...pas encore de réels travaux professionnels à présenter), et j'essaierais tant que possible de garder cette logique à chaque fois que je grouperais quelques unes de mes créations.
Vous remarquerez que la plupart des textes sont composés en capitales ; je n'y vois aucune explication rationnelle, si ce n'est l'avantage de disposer de caractères de hauteur égale (bien que les ascendantes et descendantes - des bas de casse - créent des irrégularités fort intéressantes).
Composé en Avant Garde :
Cette affiche a été réalisée durant un workshop d'une semaine où, sous la tutelle de quelques professeurs et professionnels du milieu, se sont rencontrés des futurs réalisateurs, producteurs, distributeurs et exploitants en formation à La Fémis avec des étudiants de ma classe.
L'enjeu, au-delà de la simple création d'une affiche, était de se confronter à une situation quasi-professionnelle en composant avec les différents intervenants qui gravitent autour du film pour concevoir un produit final plaisant à l'ensemble des participants.
Une semaine très enrichissante.

Composé en Avenir :
Une petite recherche (personnelle) à partir d'une citation de Matisse.
La finalité de cette création est d'être découpé dans du papier autocollant (en assez grand format) pour être posé sur ma porte d'entrée.
Beaucoup de couleurs et une image (relativement) composée et structurée.

Composé en Eagle Book :
Voici maintenant une recherche qui consistait à décortiquer et recomposer les fonctions du dictionnaire interactif Le Petit Robert.
L'idée n'était pas de réaliser complètement cet outil compliqué mais de restructurer un ensemble qui se perd un peu dans tous les sens : menus horizontaux, verticaux, fenêtres surgissantes,... Vous pouvez tout de même voir le résultat ici (plutôt une esquisse).

Composé en Folio Condensed Bold :
Un carton d'invitation rapidement réalisé et aussitôt expédié par email (la version présentée ci-dessous comporte une ligne de moins : l'adresse).. mais pas pour autant négligé.

Composé en News Gothic :
Enfin, voici un extrait de mon book (papier) présenté à la fin de ma deuxième année.
Ce travail d'identité a été commencé avec mon professeur de typographie André Baldinger puis prolongé avec mon deuxième professeur de typographie, Peter Keller.
La version écran est disponible sur http://ensad.bouboulou.com et donne un aperçu assez complet de l'étendu du travail (chaque mot est réalisé lettre après lettre sous Illustrator).
Vous pouvez également obtenir un rapide aperçu des déclinaisons sur papier (lettre, carte de visite et de correspondance,...) juste ici.

Voilà pour ce rapide aperçu.
J'essaierais de vous apporter de plus amples informations sur les typographies que je vous ai présenté dans mes prochains messages.
En regardant différents travaux que j'ai réalisé, et qui ont déjà un peu veilli ; je m'aperçois (avec un étonnement moindre), que j'affectionne tout particulièrement les typographies égyptiennes, Clarendon en tête.
Voici donc quelques travaux :
Je commence par cet identité personnelle que j'avais conçu pour les portes ouvertes lors de ma première année aux Arts Décos.
J'ai minutieusement retouché, coupé, assemblé,... les caractères sous Illustrator, qui une fois imprimés ont été découpés dans de la feutrine de couleur.
Je vous livre le titre de cet création : Sick and sad (ou encore Sick ENSAD... joli jeu de mot...)

Et voilà les différents cours qui rythmaient nos journées :

Satisfait de ce travail, j'ai alors décliné mes précédentes recherches, et ainsi développé une identité personnelle, qui m'a notamment servi à l'envoi de quelques curriculum vitae.

Moins récent, un travail d'identité (encore) pour mon frère et moi-même... Je vous invite à lire un autre message pour en savoir plus.

Je n'ai malheureusement pas des archives complètes de tous mes travaux mais c'est un aperçu déjà représentatif de mon amour pour les belles Égyptiennes.