Étrangement, j'ai envie de commencer cette série sur la typographie en couleur en ne parlant justement pas de typographie, mais en essayant d'éclaircir, avec quelques exemples de travaux divers et variés, ce qui m'attire dans la couleur.
C'est dans cette optique de compréhension de l'utilisation de la couleur dans tous les domaines de la création, que je vais montrer dans mes prochains messages des œuvres d'artistes bien sûr, qu'ils soient peintres, sculpteurs, photographes, plasticiens,... mais également des réalisations dans les domaines de l'architecture, de la mode, du graphisme (évidemment),...
En effet, je crois qu'il y a énormément à découvrir, à apprendre, en s'intéressant à la création de tout temps, en recherchant dans l'avant-garde des travaux novateurs (typo)graphiquement et chromatiquement.
Voici notamment un exemple particulièrement réussi de création de caractère intégrant la couleur comme élément fondateur : le Beowolf conçu en 1989 par Letteror.
Pour vous faire patienter en attendant mes prochains messages et vous donner un avant-gout de ce qui vous attend, je vous invite fortement à aller voir le site de l'exposition Color Chart : Reinventing Color from 1950 to Today qui se déroule actuellement et jusqu'au 12 mai au Museum of Modern Art (à défaut de ne pouvoir s'y rendre en vrai). Vous pourrez à cette occasion voir un aperçu de l'exposition en ligne et ainsi vous plonger dans le fabuleux univers de la couleur.
Dan Flavin (1933-1996), Sans titre (à Don Judd, coloriste), 1987
Alors que la vision typographique se veut minimale, l'éloge absolue du noir et blanc, qu'en est-il de notre perception ? La couleur n'aurait-elle pas sa place dans la création d'alphabets ?
Encouragé par mon professeur Peter Keller a inventé un caractère nouveau, je me suis retrouvé à concevoir un alphabet polychromatique, sans me rendre compte de la gravité de mon acte.
Le Saubr était né.
Peu de temps après, un exercice de création d'alphabet matriciel, proposé par un autre de mes professeurs, André Baldinger, m'amenait à nouveau à jouer avec la couleur.
Et voilà le Sainpl.
Amoureux de la typographie, j'étais loin de me douter que ces petits travaux d'étudiant étaient susceptibles de faire grincer des dents...
On me demandait de convertir mes alphabets en noir et blanc, afin de vérifier qu'ils fonctionnaient... et pire, on essayait de les exclure du monde de la typographie...
Pourtant, en ce début de nouvelle année scolaire, la chance allait me sourire : il me fallait trouver un sujet pour mon mémoire. C'est en discutant avec mon professeur Jean-Michel Bertrand qu'il m'incita à me glisser dans la brèche que j'avais ouverte : Pourquoi le monde typographique refuse la couleur ?... mais surtout, la couleur est-elle réellement refusée ?.
Le sujet était lancé, il me fallait chercher. Et trouver.
Voici donc ce qui va guider mes prochains messages dans cette nouvelle rubrique (Couleur) :
- la recherche de créations typographiques conçues en plusieurs couleurs, ainsi que la présentation de mes travaux personnels
- l'analyse : motivations, classification, intérêts de ces alphabets,...